12 herbes pour les jardins de fées, les offrandes et la magie

12 herbes pour les jardins de fées, les offrandes et la magie

Dans le pays secret des Fées, disent les voyageurs, se trouvent des herbes et des fleurs merveilleuses, totalement inconnues du monde humain. Couleurs éclatantes, parfums enivrants et plantes magiques qui apportent joie, visions ou sommeil. Et pourtant, au fil des ans, les fées semblent avoir pris goût à certaines des plantes les plus communes sur Terre.

Cette liste des douze plantes féériques préférées est principalement tirée du folklore et de la littérature sur les fées. Les fées vivant en contact étroit avec la nature, de nombreuses plantes et herbes leur sont associées, mais celles-ci sont particulièrement appréciées du Peuple des Fées. Certaines sont des offrandes traditionnelles, plantées ou offertes pour gagner leurs faveurs. D’autres sont considérées comme des herbes porteuses qui peuvent vous aider à établir des liens avec les Fées. D’autres encore sont utilisées dans des sorts et des formules de magie féérique, notamment la magie d’amour, les charmes et la voyance.

Laissez votre intuition vous guider pour utiliser au mieux ces herbes féeriques (en respectant toutes les précautions d’usage, bien sûr). Cultiver l’appréciation de ces plantes légendaires, c’est, en quelque sorte, pénétrer dans le monde des fées. J’ai évité certaines plantes plus exotiques au profit de celles que l’on peut trouver sans effort ni dépense exceptionnels.

Notes linguistiques : « Plante » et « herbe » sont utilisés indifféremment ici. Les noms de plantes commencent par une majuscule par respect. J’écris généralement « Fée » pour la race/le royaume en général et « fée » pour les individus, mais pas toujours. (Ne vous attardez pas là-dessus… les fées ne supportent pas les intransigeants.)

Jacinthe des bois

Originaire d’Angleterre et de France, la jacinthe des bois pousse dans les jardins et les bois légèrement ombragés. Ses fleurs en forme de clochettes sont d’un bleu surnaturel, la couleur la plus rare de la nature. La jacinthe des bois doit son nom à Endymion, l’amant endormi de la déesse de la lune Séléné. Ses bulbes sont toxiques et peuvent représenter un danger pour les humains ou les animaux qui les confondent avec des oignons nouveaux.

Les contes de fées abondent, représentant des fées jouant parmi les jacinthes des bois. On dit qu’elles dansent au son des clochettes. Entendre une jacinthe des bois sonner, c’est savoir que les fées sont proches. Dans d’autres coutumes (plus sombres), ce son présage la mort.

Dans les contes irlandais, traverser un champ de jacinthes des bois porte malheur. Cela perturbe les festivités des Fées et provoque leur mécontentement. Comme beaucoup de fleurs féeriques, la jacinthe des bois porte malheur à cueillir ou à rentrer. Cultiver cette fleur, en revanche, ne présente aucun risque. Les jacinthes des bois sont un ajout charmant aux jardins de fées (avec les pâquerettes, les myosotis et autres fleurs préférées des illustrateurs de fées).

Verveine

La verveine est l’une des plantes les plus importantes des traditions occultes européennes. Son lien avec la Fée trouve son origine dans la sorcellerie traditionnelle italienne. La verveine est consacrée à Diane, patronne des sorcières, également appelée Reine des Fées.

La tradition druidique vénère également la verveine comme plante d’initiation et de seconde vue. Les voyants brûlent de l’encens de verveine pour ouvrir une fenêtre sur les autres mondes. Il n’est pas nécessaire de chercher bien loin pour trouver de la verveine dans la littérature magique séculaire. (Il existe plusieurs espèces européennes et américaines, chacune ayant des énergies et des usages légèrement différents.)

Baies de sureau

Les fées raffolent de toutes les baies ! Mais le sureau, avec sa petite taille et son pedigree magique, est un favori des fées. Le sureau est un arbre de la Déesse longtemps considéré comme une porte vers les Enfers. Il est interdit d’abattre l’arbre ou d’en brûler le bois. Le sureau offre plutôt d’abondantes grappes de baies, cueillies et conservées pour la confection de sirops, de pâtisseries et de médicaments.

Le vin et les liqueurs de sureau sont un délice féerique. Versez-en un ou deux verres pour être sûr d’avoir toujours des invités féeriques.

Digitale

La digitale arbore des fleurs violettes hyper réalistes sur de longues tiges voyantes. Il suffit de jeter un œil à certains des noms folkloriques de cette fleur : Gants de fée, Jupons de fée, Herbe des fées, Clochettes de fée… et ainsi de suite. Le nom commun de digitale dérive probablement de « Folks’ Glove », un mot traditionnel britannique qui désigne, vous l’aurez deviné, les Petits Gens. Les taches sur le « sol » de chaque coupe de fleur seraient des traces de pas de fées.

La digitale est extrêmement toxique. Profitez de sa beauté unique, mais ne l’utilisez jamais dans des encens ou des potions. La digitale est une autre fleur à éviter à l’intérieur, sous peine de mettre les fées en colère. (Un conseil judicieux, surtout si vous avez des enfants ou des animaux.) Cependant, un charme traditionnel consiste à porter un petit morceau de digitale (emporté dans un médaillon) pour invoquer la lumière protectrice des Fées.

Typique des plantes féeriques, la digitale affectionne les espaces liminaires et la mi-ombre. On la trouve souvent à l’orée des bois ou des sentiers, ou juste en contrebas des crêtes des collines. Rêver de digitales peut être un présage de mort ou une invitation à visiter le monde des fées.

Chèvrefeuille

On pense que toute fleur qui attire les abeilles et les papillons attire les fées, qui apprécient également les doux parfums et les couleurs joyeuses. Le chèvrefeuille est la fleur maîtresse de ces beautés de jardin. Il grimpe joyeusement par-dessus les clôtures et les treillis, tentant humains et fées avec son nectar. Comme beaucoup de plantes féeriques, le chèvrefeuille prospère à mi-ombre. Et comme beaucoup de plantes féeriques, il possède des propriétés toxiques (dans ses feuilles et ses baies).

Les fleurs et le parfum du chèvrefeuille sont des ingrédients puissants de la magie amoureuse. (Hélas, son parfum est trop léger et fugace pour être capté par une huile essentielle.) On dit que les lianes accrochées symbolisent la séduction. Les fleurs voluptueuses évoquent le plaisir d’une liaison amoureuse. Lors de la cueillette du chèvrefeuille, il est de bon ton de laisser les plus belles et les dernières fleurs sur la liane pour les Fées.

Aubépine

L’aubépine, trapue et noueuse, est un arbre lié depuis longtemps aux Enfers et au royaume des Fées. C’est l’« Épine » de la célèbre trinité celtique : le chêne, le frêne et l’épine. C’est une plante pleine de contradictions, mêlant fleurs rose-blanches et épines menaçantes. Symbole à la fois de fertilité et de mort, elle est traditionnellement plantée en bordure, comme arbre de haie.

L’aubépine fleurit en mai et est donc associée à la fête de Beltane (l’une des deux fêtes païennes où le voile entre les mondes est le plus fin). Méditer sous un aubépine renforcerait le lien avec le royaume des Fées. (Mais ne vous endormez pas, à moins que vous n’ayez envie de vous perdre définitivement.) S’aventurer dans un cercle d’aubépines, c’est presque s’assurer d’apercevoir les Fées.

Il existe de nombreuses superstitions et précautions concernant l’aubépine. Il est interdit de couper ou de brûler son bois (sauf à Beltane, où cette pratique est d’usage). En Irlande, les agriculteurs prenaient grand soin d’éviter d’endommager l’arbre en fauchant ou en labourant. Les ménagères n’osaient jamais étendre du linge à un aubépine, de peur de recouvrir accidentellement les vêtements mouillés des fées.

L’aubépine est utilisée dans les sorts d’amour dévoué, de sagesse et de purification. La tradition interdit d’apporter des branches d’aubépine à l’intérieur. Par mesure de sécurité, ne cueillez que les baies, ou la rosée d’aubépine, que les fées utilisent pour préserver leur beauté juvénile.

Thym

Avec ses feuilles miniatures et son port tapissant, le thym est une herbe de jardin courante et très appréciée des fées. Quel est son charme ? Son parfum envoûtant ? Ses minuscules fleurs violettes, lavande ou roses ? Qui sait ! Mais cette humble herbe potagère est omniprésente dans l’histoire des Fées.

Porter un bouquet de brins de thym permettrait de voir les fées (ou, au contraire, de les protéger de leurs méfaits). Saupoudrer du thym près des portes ou des rebords de fenêtres invite les fées à franchir le seuil. L’huile essentielle de thym peut être utilisée pour oindre les charmes et les talismans de voyance.

Pomme

Beaucoup sont surpris d’apprendre que le goûter partagé par Adam et Ève n’était probablement pas une pomme. (La Bible ne précise pas de quel fruit il s’agissait, et les artistes médiévaux ont improvisé.)

Non, la réputation de péché et de savoir interdit du pommier pourrait provenir d’un tout autre endroit : le royaume des Fées. Comme beaucoup d’autres plantes féeriques, le pommier est lié à la fois au pouvoir sexuel et à la mort.

Le pommier est un arbre de prédilection pour les sorcières. Son bois est prisé pour la fabrication de baguettes magiques et ses fruits pour les sorts. Les pommiers fleurissent au printemps (à Beltane) et portent des fruits mûrs en automne (à Samain), marquant ainsi les deux pôles du calendrier païen. Coupé transversalement, le fruit révèle un pentagramme caché, symbole de sorcellerie. Les pommes mûres peuvent fermenter spontanément pour produire du cidre, l’un des premiers stupéfiants au monde.

On trouve des pommes aussi bien lors des banquets des Fées que lors des célébrations humaines. Manger une pomme, surtout à Samain, est réputé pour conférer des pouvoirs de clairvoyance. Les pommes sont réputées pour se conserver des mois si elles sont conservées correctement, une caractéristique qui rappelle la jeunesse quasi éternelle des Fées. Les pommes entrent dans la composition de nombreux sorts d’amour et recettes d’offrandes des Fées. Les Fées préfèrent les variétés plus petites et traditionnelles aux pommes monstrueuses du rayon fruits et légumes.

Figue

Demandez à n’importe quelle fée et elle vous le dira : rien n’est plus irrésistible qu’une figue parfaitement mûre. La saison des figues est éphémère, ne durant que quelques semaines. Si l’agriculture moderne a apprivoisé de nombreux fruits et fleurs pour satisfaire les caprices des humains, personne n’a encore produit une figue savoureuse en hiver.

Les figuiers apparaissent dans les contes de fées de différentes régions d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Sud. La fée des figues est presque universellement décrite comme séduisante, généreuse et intelligente. Le folklore indien raconte l’existence de danseuses célestes (Apsara) vivant dans les figuiers. Généralement bienveillantes, elles séduisent parfois érudits et scientifiques afin de les épuiser sexuellement et de faire échouer leurs recherches.

Les anciennes espèces de figues sont principalement pollinisées par des guêpes qui meurent après être entrées dans la fleur, un fait botanique qui laisse entrevoir sombrement le danger séduisant de la Fée.

Primevère

La primevère est une fleur d’une beauté sauvage. Après les pluies printanières, elle recouvre les champs de ses jolies et délicates fleurs. Dans la tradition celtique, les grandes étendues de primevères sont considérées comme une porte d’entrée vers les Fées. (Dans l’Irlande chrétienne, elles cachent les clés du Paradis.) Planter cette fleur devant sa maison attire la chance des Fées, mais attention à ne pas les offenser en les laissant mourir.

Les primevères fleurissent à Beltane et symbolisent la jeunesse éternelle et l’innocence. On raconte qu’une personne visitant le pays mythique de Tír na nÓg revenait avec un bouquet de primevères. L’expression anglaise « primrose path » (chemin des primevères) évoque l’expérience d’être agréablement trompé (comme les fées ont tendance à le faire).

La primevère officinale, mentionnée dans Le Songe d’une nuit d’été, est une autre parente de la primevère. L’onagre d’Amérique du Nord n’a aucun lien botanique avec elle, mais elle présente un attrait similaire pour les fées. Elle pousse en touffes, ne fleurit qu’un soir et a tendance à résister à la culture.

Orchidée

Certains considèrent les orchidées comme les plus belles fleurs du monde. Quoi qu’on en pense, il est indéniable qu’elles comptent parmi les plus étranges. Elles ont quelque chose d’extraterrestre, peut-être même d’Unseelie.

Les orchidées sont hermaphrodites et généralement stériles. À l’instar des fées, elles trouvent le genre humain et la reproduction plutôt hilarants. Elles sont les métamorphes du règne végétal et peuvent ressembler à d’autres plantes et animaux. Mais elles restent des plantes, au moins. (Contrairement aux champignons, un autre favori des fées qui défie toute catégorisation).

Divas du royaume des fleurs, les orchidées s’épanouissent en intérieur et apprécient les luxes offerts par les humains : engrais, humidificateurs et serres. Sont-elles impuissantes ou simplement plus intelligentes que nous ? Le phénomène bien connu de l’obsession pour les orchidées (orchidomanie) est peut-être l’une des farces les plus sournoises jamais perpétrées par les Fées.

Sorbier des oiseleurs

Le sorbier est l’un des arbres les plus mentionnés dans la tradition et la magie des Fées. La tradition celtique raconte que le sorbier était originaire du pays des Fées et qu’il fut amené sur Terre par les Tuatha de Danann. C’est un arbre d’une grande force et d’un grand mystère. En Amérique du Nord, il est plus communément appelé sorbier des oiseleurs.

Le sorbier pousse à l’état sauvage dans les Highlands écossaises et est connu pour ses baies rouge vif. (La tradition écossaise interdit l’utilisation de son bois, sauf circonstances exceptionnelles.) On le trouve couramment près des anciens villages et des cercles de pierres, probablement parce qu’il a été planté pour des raisons religieuses. Un arbre peut vivre plus de 200 ans, accueillant d’innombrables rassemblements de fées durant cette période.

Le sorbier est surnommé l’Arbre Sorcier et apparaît dans de nombreux sorts de pouvoir psychique et de protection. En les parcourant un peu, vous remarquerez peut-être une contradiction apparente : on dit que le sorbier attire les Fées et offre une protection contre elles. On le plantait dans les cimetières pour dissuader les mauvais esprits. Une croix de sorbier suspendue au-dessus d’un berceau protégeait autrefois son occupant. Et un collier de baies de sorbier pouvait être porté pour détourner la sorcellerie.

Rowan est indéniablement un arbre des Fées : elle existe comme une sage protectrice et gardienne. Comparée, peut-être, aux fées espiègles des fruits et des fleurs, Rowan est un être plus fort et plus âgé, capable de maintenir la paix fragile entre les humains et les Fées.

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