Déesses françaises antiques oubliées du panthéon gaulois-celtique

Illustration de style antique représentant les déesses gauloises Divona, Sulis, Rosmerta, Nantosuelta et Verbeia dans une forêt sacrée avec leurs attributs.

On entend rarement parler du panthéon gaulois. Les Gaulois étaient une importante tribu celtique qui vivait dans la région qui comprend aujourd’hui la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, les Pays-Bas, ainsi qu’une partie de l’Italie du Nord et de l’Allemagne. Les Gaulois avaient leurs propres croyances et traditions, ainsi que leurs divinités. Faisons revivre les anciennes déesses françaises, comme la déesse de l’ours et la déesse des sources thermales, qui méritent d’être mises à l’honneur !

Des déesses françaises, dites-vous ?

J’admets que ces déesses ne sont pas originaires des Français modernes, elles sont bel et bien originaires de la région que nous appelons aujourd’hui la France. Cet article permettra aux personnes d’ascendance ou de patrimoine français de se connecter aux divinités de cette région, même s’il s’agit de divinités anciennes d’un peuple lointain. Ainsi, lorsque je parle de « déesses françaises », je parle en réalité des déesses gauloises, un peuple celte qui vivait en France, en Suisse, au Luxembourg, etc. dans l’Antiquité. Ainsi que des déesses franques, un peuple germanique qui a également vécu en France plus tard.

Abnoba : déesse gauloise-celtique de la chasse

Abnoba est une déesse gauloise autrefois vénérée dans la Forêt-Noire, en Allemagne. Son nom signifierait « rivière » ou « eau » , ce qui indiquerait qu’elle était à l’origine un esprit gardien de la rivière. Un ancien autel et des thermes romains à Muhlenbach comparaient Abnoba à Diane, déesse romaine de la chasse. On peut affirmer sans risque de se tromper qu’Abnoba partage de nombreuses autres qualités avec Diane, comme un domaine sur la lune et la faune. Une chaîne de montagnes porte également son nom, faisant d’elle une ancienne déesse française de l’eau et de la terre.

Artio : la déesse ourse

On ne sait pas grand-chose d’ Artio , une déesse française antique, mais on sait qu’elle était intimement liée aux ours. Les rares preuves de l’existence de son culte ont été retrouvées en Suisse moderne et dans le sud de l’Allemagne. Une statue en bronze représentant Artio nourrissant un ours géant a été découverte à Berne, en Suisse. Les érudits affirment qu’elle nourrit l’ours parce qu’elle a une coupe de fruits sur ses genoux. Il y eut jadis une grande légende sur cette rencontre, j’en suis sûr ; cependant, avec le temps, la légende d’Artio s’est perdue. L’inscription sur la statue de Berne signifie « pour la déesse Artio ». Comme pour le nom d’Artémis, on retrouve le lien avec l’ours dans le nom d’Artio. Art signifie « ours » en gaulois.

Bormana : déesse gauloise-française des sources thermales

Bormana était une déesse franco-gauloise vénérée aux côtés de Bormo (dieu de la guérison). Son nom signifie « bouillant », ce qui fait d’elle la déesse des sources thermales. Bormana était autrefois un esprit de l’eau, finalement déifié, comme de nombreux dieux et déesses celtes. Son culte était important dans le sud de la Gaule (France). Cependant, comme le dieu Bormo était vénéré à Bourbonne-les-Bains, dans l’est de la France, son culte pourrait avoir été plus répandu qu’on ne le pensait.

Damona : Déesse française des animaux

Damona est une autre déesse française ancienne et obscure, vénérée en Gaule orientale, dont le nom signifie bœuf ou mouton. De ce fait, elle était probablement une déesse protectrice des animaux et régnant sur la fertilité et l’abondance.

Dea Matrona : la déesse mère divine

Déa Matrona, aussi appelée Déa Matres, était une déesse mère gauloise dont le culte s’est répandu chez les Germains et les Romains. Déesse triple représentée par trois femmes portant des paniers de fruits et de fleurs, elle protégeait les enfants, les animaux, le foyer et la maison. Son nom et son image étaient placés dans les champs pour assurer une récolte abondante. Déa Matrona est comparée à la déesse galloise Modron, mère du dieu Mabon. Les Trois Mères sont liées à des déesses triples présentes dans d’autres cultures, telles que les Nornes nordiques, les Parques romaines et les Moires grecques.

Freia, déesse franque française

Les Francs occupaient une grande partie de ce qui est aujourd’hui la France, et il est évident que le pays doit son nom à ce peuple germanique. D’origine germanique, les Francs vénéraient des divinités correspondant aux peuples nordiques, notamment Wuotan (Odin) et Freia (Freyja). Freia signifie « Dame », et elle est connue comme la déesse du paradoxe. Elle mène la guerre avec frénésie, mais règne également sur les domaines de l’amour, du sexe et du seidr (une forme de magie nordique).

Icovellauna : Déesse des sources

Les anciens Gaulois vénéraient les sources thermales et croyaient que des esprits guérisseurs régnaient sur les eaux. Ces esprits guérisseurs devinrent des dieux et déesses divinisés, l’un d’eux étant connu sous le nom de déesse Icovellauna. Deux temples en particulier furent construits sur des sources et honorèrent la déesse Icovellauna : le temple du Sablon à Metz et le complexe de temples d’Altbachtal à Trèves. Son nom signifie « bonne fontaine ». Du fait de sa surveillance des sources thermales, elle était une déesse de la guérison et fut peut-être autrefois une nymphe des eaux avant d’être divinisée.

Nerthus : déesse germanique française de la fertilité

Nerthus est une autre divinité germanique probablement vénérée par les Francs. Nous en connaissons l’existence grâce aux écrits de Tacite. Il est intéressant de noter que Nerthus est considérée comme une déesse de la fertilité et de la terre, mais son lieu de résidence, ou lieu sacré, était considéré comme une île secrète quelque part dans l’océan. Certains érudits pensent que son nom se traduit en réalité par « terre », et qu’elle était connue comme la dame du cortège de charrettes. Les anciens peuples germaniques transportaient son image et, paraît-il, noyaient les sacrifices qui lui étaient destinés dans son lac sacré.

Mélusine : la Dame Serpentine

Mélusine est un personnage du folklore français, autrefois déesse associée aux puits et aux rivières. Fille d’une fée et d’un roi mortel, elle vivait sur l’île d’Avalon. D’ailleurs, selon une légende, Mélusine aurait vécu sur l’île d’Avalon jusqu’à son mariage avec un mortel. Son mari l’aurait défiée et l’aurait qualifiée de « serpent » à la cour. Puis, dans sa colère, Mélusine se serait transformée en dragon et aurait pris son envol. L’idée que Mélusine soit métamorphe suggère qu’elle était probablement autrefois un génie du lieu (genius loci). Le nom de Mélusine est présent dans le folklore de toute l’Europe, mais il est surtout répandu en France.

Nantosuelta : ancienne déesse française de la Terre

Nantosuelta est une déesse et divinité unique de l’ancienne Gaule. Elle se présente sous l’apparence d’une femme rayonnante aux longs cheveux dorés, tenant un bâton couronné d’une ruche. Elle vivait dans une maison ronde, semblable aux collines des Tuatha de Dannan. Son culte était concentré dans ce qui est aujourd’hui le nord de la France, notamment près de Metz. Son animal sacré, le corbeau, l’accompagne sur de nombreux reliefs d’autel de l’époque romaine. Les érudits pensent que son nom signifie « vallée baignée de soleil », ce qui en fait non seulement une déesse de la terre, mais aussi une déesse du soleil. Elle apporte fertilité et abondance.

Sequana et Sirona : déesses guérisseuses françaises

Séquane est une ancienne déesse gauloise vénérée à la Seine et aux sources de la Seine, dans une vallée au nord de Dijon. Elle était la déesse matrone de la tribu des Séquanes, l’une des tribus gauloises celtes qui vivaient respectivement en France et en Suisse. Aux sources de Séquane, de nombreux artefacts ont été découverts, qui étaient des offrandes qui lui étaient faites en échange de guérison. Il était de coutume d’apporter des sculptures en métal représentant la partie du corps nécessitant une guérison – membres, yeux, etc. –, ainsi que des fruits, de la viande, du vin, etc. Sirona était également la déesse des sources curatives et est représentée avec un serpent et des œufs (tous deux symboles de guérison). Elle était vénérée en France, en Allemagne, en Suisse, en Belgique et au Luxembourg. Son culte imprégnait la tribu des Triveri.

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